BLOG DE PICORAGE SPIRITUEL

Tous transformés

“Tous, nous serons transformés par la victoire de Notre Seigneur Jésus Christ”, 1 Corinthiens 15, 57
Vivante et turbulente communauté de Corinthe !

Une église fondée par l’apôtre Paul pleine de potentiel, riche en personnes aux talents divers… mais une église qui connaissait également les conflits et les divisions car il arrivait souvent que chacun pense avoir mieux compris que les autres en quoi consistait la foi en Jésus-Christ. La communauté de Corinthe reste donc riche d’enseignements pour nous aujourd’hui… A Corinthe, certains niaient la résurrection des morts. Soit parce qu’ils estimaient que la création nouvelle était déjà pleinement réalité, soit parce qu’ils préféraient la théorie de l’immortalité de l’âme issue de la philosophie grecque. Le chapitre 15 de l’épître aux Corinthiens est une réponse et un condensé de la pensée de l’apôtre Paul à propos de la résurrection. La résurrection n’est pas de l’ordre du savoir mais bien du croire. L’apôtre Paul parle d’un « mystère » : nous ne pouvons connaître le dessein de Dieu. N’écoutons pas notre imagination trop fertile qui se plaît parfois à imaginer un guide touristique de l’après-mort ! Confesser la résurrection c’est prendre au sérieux la rupture radicale qu’est la mort et poser l’espérance du renouvellement, de la recréation de notre être tout entier. Paul commence par évoquer le Royaume de Dieu. Mais à quoi sert ce symbole ? A nous faire peur, à nous rassurer, à nous décrire ce qui se passe de l’autre côté, après la mort ? Rien de tout cela ! Ce qu’il y a de passionnant dans l’interrogation des premiers chrétiens sur la fin des temps c’est qu’elle a pour objectif de valoriser la vie présente. Parler et méditer sur le Royaume c’est voir en quoi ce symbole a un véritable pouvoir de transformation sur notre manière de vivre et sur notre rapport réel au monde. Ni « fuite en avant », ni « opium du peuple », le Royaume nous invite à nous engager ici et maintenant au service de Dieu et de notre prochain ; il donne saveur, consistance et orientation à toutes nos actions. La venue du Royaume et l’espérance de la résurrection témoignent que « notre vie sur cette terre est conviée et confiée à un amour qui ne doit pas mourir et à une communion durable, nous rendant aptes à ne pas céder aux puissances destructrices et séparatrices de la haine et de l’oubli »1 écrit le théologien Denis Müller. Aux enthousiastes de Corinthe qui niaient le pouvoir de la mort, Paul rappelle que celui-ci s’exerce dans le présent sous la forme du péché, mais il nous invite à être confiant : si le Christ est ressuscité, comme le proclame la conviction centrale de la foi chrétienne, nous le serons également. Cette promesse nous engage à être « fermes, inébranlables et à progresser toujours dans l’œuvre du Seigneur ». Confesser la résurrection n’est pas plus facile aujourd’hui que du temps des premiers chrétiens. Mais, à l’écoute de Paul, nous percevons combien l’enjeu se déplace de la satisfaction d’une curiosité naturelle, quoi que bien vaine, pour « l’après mort » vers une transfiguration de « l’avant » : forts de cette promesse que la « mort est engloutie dans la victoire » serons-nous capables de « doter nos actions présentes d’une énergie d’amour et de changement » ? Si je crois en la résurrection, comment mettre en œuvre cette conviction dans mes attitudes et particulièrement dans mes attitudes vis-à-vis des autres chrétiens ? Comment puis-je réveiller ma disponibilité, mon ouverture à l’autre et à sa différence ? Comment puis-je être signe d’unité et non de division ?

Pasteure Laurence Flachon

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