CONVICTIONS

Qu’est-ce que le protestantisme?

Au delà des convictions communes à tous les chrétiens, les protestants se définissent à travers six grands thèmes :


1. Un Dieu de liberté

Dieu a créé l’être humain libre. Il appelle une libre réponse de chacune et de chacun. Les chrétiens protestants trouvent donc normal et nécessaire que toute société respecte la liberté des consciences. Ils se montrent vigilants à l’égard des systèmes ou institutions qui se croiraient en droit d’imposer des façons de penser et d’agir. Notre église locale se définit comme « libérale », c’est-à-dire attachée à cet esprit de liberté de pensée.


2. Un Dieu de gratuité

Dieu aime chaque femme et chaque homme sans contrepartie et quelles que soient ses qualités humaines ou sa situation sociale.
Le protestant est appelé à témoigner auprès de ses semblables de cet amour gratuit et inconditionnel.
Nous cherchons, dans nos paroles et nos actes, à ne pas valoriser les discours de culpabilité, mais de libération personnelle.


3. La foi : une adhésion personnelle

La foi est une libre adhésion à l’affirmation selon laquelle la vérité est en Dieu. Toujours à renouveler, elle n’évacue nullement le travail de la raison et de la compréhension du monde ni n’évite les difficultés, le doute et les interrogations. La raison n’est pas contraire à la foi. Au contraire, elle permet de faire de chacun de nous des chercheurs de Dieu, et non des détenteurs d’une Vérité absolue qui s’imposerait à tous. Cette valorisation de la raison fait aussi partie de notre identité « libérale ».


4. A travers la Bible, la Parole de Dieu

Pour les protestants, ce que l’on peut comprendre de Dieu apparait au travers de la Bible. A travers des témoignages humains que sont les textes bibliques, elle nous révèle Dieu. Elle nourrit notre foi. Elle est notre référence en matière de théologie et d’éthique. Néanmoins, nous nous refusons à toute approche fondamentaliste ou littéraliste des textes bibliques. Nous préférons chercher « l’esprit » du texte plutôt que « la lettre ».
En ouvrant des horizons sur ce que peut être Dieu, les textes bibliques suggèrent des façons d’être et de faire. A partir de là, chaque protestant en sa conscience et chaque Église en ses assemblées ou synodes tracent les contours de leur fidélité. Toutes et tous s’efforcent d’actualiser la Parole biblique pour faire face aux situations nouvelles. Les différences qui peuvent apparaitre expriment une diversité où se tissent les liens d’une réelle unité.


5. Se réformer sans cesse

“Les Églises peuvent se tromper” disait Luther !
Les protestants d’aujourd’hui le croient aussi. Ils pensent que leurs Églises doivent toujours porter sur elles-mêmes un regard critique et réformateur. Elles existent dans la société avec un statut institutionnel, mais pour les protestants l’institution reste une réalité seconde et critiquable.
D’ailleurs ils vivent leur foi en Église sans accorder d’autorité décisive à un magistère hiérarchisé et sans recourir à la médiation obligée des prêtres d’un clergé.
Les autorités protestantes ne sont pas ainsi des chefs intronisés à vie. Ce sont des groupes d’hommes et de femmes à qui les membres de l’église confient pour un temps une fonction.


6. Tous prêtres, tous laïcs !

Chaque baptisé, pasteur ou non, occupe une place identique au sein de l’Église de Jésus-Christ. Les pasteurs, même s’ils exercent un rôle particulier, ne sont pas différents des autres membres de l’Église. Tous sont laïcs.
Les assemblées élues pour orienter la vie des Églises protestantes comptent des pasteurs et des non-pasteurs. Tout protestant est responsable de ce que son Église est, dit et fait !
Le/la pasteur-e est au service de la communauté. Après une formation théologique (5 ans de formation universitaire), il ou elle assure le ministère de la prédication et préside aux baptêmes et services de communion. Il accompagne ses paroissiens et veille, avec le consistoire, à l’unité de la communauté. Dans l’Église Protestante Unie de Belgique, le ministère pastoral est évidemment ouvert aux femmes.
En retirant à l’Église et à ses pasteurs tout caractère sacré, la Réforme a fait disparaitre les barrières à l’intérieur de l’Église. Du même coup, elle appelait à les faire tomber entre l’Église et le reste du monde. Elle donnait à tous les chrétiens une mission au sein de la société, une mission de témoignage et d’engagement dans les situations des hommes et des femmes de leur temps.

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