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  • eglisedumusee

40 jours pour... revisiter nos fondamentaux




Il y a toujours de l'espoir... une œuvre de Banksy.

Voilà un peu plus d'un an que nous devons faire face à une situation sanitaire exceptionnelle qui a bouleversé nos sociétés et la vie de nos Églises. Qu'est-ce que ce temps de crise a changé? A-t-il renforcé nos habitudes et/ou modifié durablement les choses?

La réponse n'est pas évidente.

Nous commençons à voir le bout du tunnel.

La crise, une opportunité pour "faire du tri"...

Essentiel, non essentiel.

À conserver, à laisser tomber.

À faire autrement.

Outres nouvelles.

Drap neuf.

Pour nos vies et pour nos vies d'Églises.


Il existe un petit récit qui ne manque pas d'humour et se trouve dans le livre des Actes (20, 6-13) lors du troisième voyage missionnaire de Paul. Celui-ci est parti de Philippes après la Pâque juive et arrive à Troas où il fait halte. Alors que les membres de la communauté sont réunis pour "rompre le pain", ils écoutent le sermon de Paul qui se prolonge tard dans la nuit. Les sermons étaient à l'époque plus "interactifs" qu'aujourd'hui puisqu'ils ressemblaient plutôt à une discussion qu'à un monologue. Une habitude à reprendre?


Un jeune homme prénommé "Eutyque", c'est-à-dire "le chanceux" (!) s'endort, tombe du troisième étage et meurt. Paul se précipite vers lui, le prend dans ses bras et le déclare vivant. Il est reconnu comme tel. La communauté partage ensuite le pain et Paul, infatigable, continue jusqu'à l'aube.


L'enjeu ne porte évidemment pas sur le fait de rester éveillé et d'éviter les endroits dangereux quand on écoute une prédication.

Et s'il peut nous sembler amusant aujourd'hui de s'endormir lors d'un culte, dans le Nouveau Testament, il en va autrement. "Veillez donc, puisque vous ne savez pas quel jour votre Seigneur viendra" (Mt 24, 42). Veiller et résister au sommeil sont signes de la fidélité des croyants.


C'est dans ce récit, que pour la première fois, est affirmée l'existence d'un culte dominical, d'un rite spécifiquement chrétien. Et cette identité chrétienne est symbolisée par l'écoute de la Parole, d'une part, et le partage du pain, d'autre part.


L'ouverture, l'accueil, la disponibilité à une Parole autre, venue d'ailleurs; une attitude, donc, et un geste : rompre le pain pour le partager. A Troas, c'est dans une maison individuelle mise à disposition de la communauté qu'a lieu ce récit.

Le christianisme, dès ses débuts, nous parle d'hospitalité et de partage.

Une hospitalité externe : faire de sa maison une église; et une hospitalité interne : laisser la Parole d'évangile faire sa demeure en nous, l'accueillir et consentir au travail de nos terres intérieures.

Quant au partage, c'est celui des biens mais c'est aussi celui du pain, symbole de la mort et de la résurrection du Christ, mémoire du dernier repas à transmettre de génération en génération.


La chute c'est l'éloignement, la rupture avec la parole de Vie qui est enseignée à ce moment-là. Eutyque tombe dans les ténèbres de la mort, du silence, en bas.

Mais la chute c'est aussi le lâcher-prise, la possibilité du terrain en friche, l'intériorité à cultiver.

Eutyque n'est pas condamné aux ténèbres. La Parole le rejoint, là où il est. Paul descend.


A l'écoute de ce récit, pas de solution immédiate aux nombreux défis auxquels nos Églises doivent faire face... mais un recentrement sur quelques dimensions essentielles qui contribuent à faire de nos communautés des communautés vivantes et inspirantes : écouter, participer, partager, se faire proche.


Et puis, un peu d'humour !

Atchoum!!! de Banksy

Laurence Flachon



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