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  • eglisedumusee

40 jours pour... s'initier au mouvement



Danseuse II de Joan Miró,

épure gracile et puissante,

cœur déployé, bondissant entre terre et ciel.

Du rythme pour lutter contre l'immobilité de la crise !

Rythmes, encore, celui d'une plantation, titre de cette œuvre de Paul Klee.

Sorte de partition visuelle[1] où s'insinue un ordonnancement dans le jaillissement énergique de la croissance végétale.


Dans l'Introduction à une morphologie, Goethe écrit "qu'il ne se trouve nulle part rien de fixe, rien au repos, rien d'achevé, mais que tout est au contraire flux et mouvement constant".


Une théorie de la métamorphose qui inspire le peintre Paul Klee pour penser l'art comme un processus qui naît du mouvement et ne vise pas la forme finie, mais la mise en forme[2].


Une définition qui pourrait convenir tant à la foi qu'à l'art ?


On ne naît pas chrétien. On le devient.

Plutôt que de dire « je suis chrétien », peut-être devrait-on dire « j’essaie de ne pas cesser de le devenir ».

Parce qu’être chrétien c’est se laisser construire dans le temps par sa relation à Dieu.

Pèlerinage, petits ou grands rassemblements, la foi se dit dans le cheminement.

Une mise en route.

Un ébranlement.

Une itinérance autant physique que spirituelle ;

le corps « en mouvement » favorisant l’esprit « en changement ».


Partir c’est mourir un peu… et vivre beaucoup !


Devenir disciple de Jésus-Christ, hier comme aujourd’hui,

c’est entrer dans une dynamique faite de recherche, de questionnement ;

c’est avoir soif, attendre quelque chose, désirer…

Tout parcours vers Dieu est un parcours vers soi-même, et donc aussi vers l’enfant que l’on a été et qui est encore présent en nous.

Celui qui danse au rythme de la Parole qui le renouvelle.

De quelles attentes et de quelles espérances sommes-nous porteurs ?

Quel sens donnons-nous à la vie, quelles convictions défendons-nous ?

Jésus nous invite à descendre au fond de nous-mêmes, il nous invite à retrouver une spontanéité intérieure faite de recherche, d’ouverture, de confiance.

L'écoute de sa Parole réveille notre capacité d’émerveillement et notre disponibilité à recevoir… au-delà de nos attentes.


L’Évangile adresse à chacun.e de nous une promesse : devenir disciple, c'est découvrir notre véritable identité.

Tout parcours vers Dieu est un parcours vers soi-même, mais aussi un parcours vers les autres. Pensons à Jean-Baptiste, André, Philippe qui ont expérimenté la Bonne nouvelle de Jésus-Christ et qui veulent la partager avec leurs familles, leurs amis, leurs connaissances grecques ou juives.


Tout parcours vers Dieu est un parcours vers un ailleurs, vers un au-delà de nos conceptions, confessions et attentes religieuses.


Dans ce mouvement il y a

des temps d'élans et des temps d’arrêts,

des temps de doute et des temps de retraits,

des sentiers de traverse...

Tous ces moments font partie du chemin.


Tous ces moments sont aussi ceux qui nous rendent disponibles à la promesse qu’évoque Jésus : « vous verrez le ciel ouvert » (Jean 1, 51).


C’est à travers Jésus en action que nous voyons le ciel ouvert.

Durant tout son ministère il a donné chair à la Parole d’amour, d’accueil et de service;

Parole qui, au travers de sa lecture et sa méditation, tour à tour nous déplace et nous dérange, nous réconforte et nous brûle.


L’essentiel étant peut-être

de se laisser bouleverser,

de refuser l’enfermement de la certitude,

de ne pas renoncer à l'étonnement.


Le parcours vers Dieu est un parcours vers un ailleurs que nous ne maîtrisons pas, une ouverture du cœur qui fait écho à celle du ciel.


Laurence Flachon


[1]Clara Paquet, Paul Klee, L'ironie à l'œuvre, L'objet d'Art. [2] Ibidem.

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